L’envie de danser, est-ce que ça s'explique ?

par Anne Briant - Directrice artistique de Corpus Rhésus Danse, école professionnelle spécialisée en danse contemporaine au Québec
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Plaisir d'une danse en chaineL’art de danser, c’est le langage de l’âme et du corps qui peut être exprimé par tout et chacun, à sa manière. Chaque pas, chaque mouvement dans ce qu’il dégage peut devenir un acte de danse. C’est la sensibilité, l’imaginaire et les émotions qui suscitent, sans même qu’on s’en aperçoive, l’envie de danser.

Parler de danse, c’est parler de pas, de fête, civile, religieuse, sacrée, en famille, folklorique. C’est parler de danse collective, de danse de couple, de danse de rue. C’est vivre une expérience du corps à travers le mouvement. Autrement dit, chacun d’entre nous s’est déjà retrouvé en contact avec la danse. Que ce soit par une simple promenade dans le parc ou encore lors d’une soirée entre amis, tout individu s’est vu saisir un mouvement qui, au départ, pouvait être banal, devenir un acte de danse par sa beauté et son élégance. Par exemple, si on s’attarde à regarder des enfants jouant dans un parc, ou un couple se promenant dans la rue, les seuls mouvements en eux-mêmes résonnent dans l’imaginaire sans passer par des discours ou quelques explications. Ils peuvent nous toucher, nous émouvoir sans qu’on sache vraiment pourquoi. C’est l’inspiration de moments comme ceux-là qui peuvent développer cette envie de danser qui vient d’on ne sait où.

Il n’est pas facile de mettre des mots pour décrire l’expérience des corps et c’est ce qui fait la force de la danse. C’est cette danse qui, en passant par le mouvement, donne voix à ces corps afin que ceux-ci puissent véhiculer leur propre discours à travers les différents événements de chaque époque. Le corps devient à ce moment le vecteur qui diffuse nos émotions, nos opinions sur les diverses épisodes qui marquent notre culture. La danse peut donc devenir un exutoire où l’on peut crier ses révoltes, ses impatiences, ses combats, ses attentes. C’est un engagement, un risque à faire valoir ses idées sans toutefois faire de mal à personne.

Enfin, que l’on soit jeune, vieux, petit, grand, maigre, gros, riche, pauvre, la danse peut être accessible à tous parce qu’elle émane des sentiments que tout le monde peut ressentir sans avoir à se justifier. C’est un art qui n’a pas besoin d’analyse ou de calculs dans sa pratique puisque chaque mouvement, dans sa spontanéité et dans sa présence à l’instant où il est exprimé permet à l’individu de s’extérioriser et de communiquer. Dans un monde de vitesse et de virtualité comme aujourd’hui, la danse demeure un moyen de retourner sur soi-même, de se réapproprier son corps afin de vivre chaque instant pour ce qu’il est et non pour ce qu’il était ou ce qu’il deviendra.

Merci à Yanik Déry pour sa permission de publier ce texte ici.