Boeuf folk Encore une histoire d’écoute.
Soir de stage : ils sont quarante à boeuffer. Tous ensemble, tous instruments, diatos, violons, cornemuses, chromas, trav et j’en passe et des meilleures. Ils ont tourné des standards, puis des moins standards. Il y a des débutants dont l’instrument balbutie et pompe soigneusement la grille d’accords, ou susurre la ligne mélodique principale sans oser s’en écarter, des confirmés pleins d’énergie qui tentent des variations, des créatifs qui lancent leur impro chacun à son tour.
Ah ! Si vous aimez le gros son, vous êtes servi. Les murs tremblent, on danse certainement dans la barre d’immeubles en face et, c’est sûr, il n’y a plus une seule souris dans le bâtiment : elles se sont toutes enfuies à cinq cents mètres de là. Au moins.
Et au milieu, il y a de grands, de très grands musiciens : tout entiers à la musique, les yeux perdus, comme inconscients du troupeau qui les entoure et qu’ils dominent de leurs instruments puissants et maîtrisés. Des maîtres !
Et voilà que quelqu’un essaye, ose essayer une impro avec un petit, tout petit instrument. Juste un petit filet de son au milieu du beau et joyeux tintamarre. Une goutte d’eau dans l’océan ! Il n'a aucune chance !
Et là…
Voilà qu’au milieu, le son baisse. Du coup, très vite, autour, il baisse aussi, parce qu’on suit les grands. Et on entend clairement, sur le fond riche et multiple, le petit, tout petit instrument développer sa belle impro… Y a-t-il eu un coup d’œil ? Un coup d’oreille seulement. De l’écoute. Et un immense respect des grands, pour le petit, des grands maîtres pour les petits élèves, des très forts pour le fluet.
Contraste. Et après, quand il aura terminé, le volume remontera, autour d’une cla basse ou d’un trombone.
Quelle leçon ! Quelle musique !


Cheveux Gris

 

 

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