2. L’Odyssée des bals pas trop loin : les sirènes

Le biotope à danser d’Amato, Ulysse de proximité bien terrestre, est resserré. Il s’avère animé de présences fortes, impliquées, habiles dans la valorisation de leur savoir-faire et de leur art, souvent précieuses pour la bonification de leurs partenaires. Après l'embarquement de « l’experte » et de « la brillante » (épisode précédent), la fête et la rêverie s'installent, la marée monte. Des vagues et rouleaux déferlent…et pourtant le fanion est tout vert, pour un bal des sirènes. Laissons-nous emporter par la houle.

[Rappel « danseuses remarquables » : à chacune est attribué d'entrée un qualificatif et sont associées pour conclure quelques allusions façon «portrait chinois», tirées du répertoire, de figures ou de danses qui leur vont bien ou encore de noms de groupes musicaux évoquant des images, impressions et souvenirs à leur crédit]

la sensuelle, quelle que soit la danse qu’elle investisse, elle y déploie mine de rien toute sa chaleur mutine et séductrice en toutes variantes. Même un branle double en émeut ses voisins… alors durant une calme mazurka -rapprochée-, ou quand son regard appuyé atteint mon fond de l’œil et les recoins de mes sens attentifs dans un simple swing circassien, c’est chavirant.
«La varsovienne», «Ouvre-moi», « Régine ».

la sculpturale, une présence physique épanouie, une chevelure de BD fantastique, son exil momentané dans une autre galaxie créait un vide sidéral. Elle ne s’en laisse jamais conter et j’en reste muet.
« Grand-mère [pas] essoufflée », «Les grandes poteries».

trois musiciennes multi-instrumentistes et polyvalsantes infatigables en piste comme sur scène (en 3, 5, 8, 11 temps et leurs mélanges), en prise sur tous les sons et dans le bon ton. Leur rigueur de classiques est mixée avec bonheur aux licences musicales du folk.
1. « Trio Grande », « Celtic Breeze »
2. « La mandragore », «Rheinländer»
3. « La roulotte », « La Marianne ».

l’intériorisée rayonnante, sans paroles bavardes, le regard limpide, l’esprit imprégnant chaque mouvement, l’âme de sa danse reliée au cosmos et son corps sensible vibrant aux bons messages musicaux.
«L’Orchésographie », «Un p’tit coin d’parapluie», « Plant’ un cao », « Maluzerne »

l’épisodique, quand elle a le loisir de venir danser folk, elle crée et maîtrise avec une précision d’horlogère toutes sortes de syncopes ou contretemps et tangue aux rythmes les plus subtils en deux temps et trois mouvements.
«Bourbonnaises», « Doedelsack », « Gotan Project ».

la discrète flamboyante, ambrée, peu d’amertume et de pression, fraîche, pétillante, joyeuse et chaleureuse dès la première gorgée, active jusqu’à la dernière danse, entre crépuscule rougeoyant et aurore rosée.
«La salamandre», "Valses écossaises", « les castagnettes ».

la débutante, sa gentillesse, sa simplicité, et une frisure d’agnelle. Toute en curiosité, en intérêt spontané, en découverte joyeuse et appliquée. «Tu la troubles…» disait l’animal sauvage de la fable.
« Prends garde au loup», «La caille».

la musichorégraphe, pionnière et pilier de bal créative et écoutée, flambeau de la folk attitude évolutive, dans le respect de repères et d’héritages solidement ancrés. Indispensable et lucide, tsarine des steps dans l’Est, aux pieds et aux doigts agiles.
« Magali », «branle gai», « trulles et papillons».

l’olympique, athlète complète dansant entre deux eaux ou en roue libre, le souffle inépuisable, la bonne connaissance du répertoire de terrain et de ses possibles danseurs locaux, repérés et fléchés comme sur une carte d’état-major. A l’aise sur les airs auvergnats, un peu carrée sur les bourbonnaises.
« Garçons de la montagne », « Rondeaux dans l'eau », «Tokay-Pinot gris»,
« Bella ciao », « La Chamaille».

la romantique militante, un regard curieux sur les danseurs (-euses) et tout ce qui gravite autour, du vécu et une pertinence plaisamment dissonante. Du haut de son podium, sa voix et sa parole sont d'or, son cheveu est d’argent et son diapason est de bronze.
« La planète », « La crouzade », «Raspoutine».

A vrai dire, l’experte est très gentille, l’olympique est aussi sensuelle, la débutante est assez épisodique, la flamboyante est très romantique, telle musicienne milite, la rayonnante est sculpturale, la sensuelle est experte, telle autre musicienne est intériorisée, la sensuelle est brillante…

Amato

A suivre (?)…


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