Origine

En France, dans les années 70, les artistes à l’écoute de leurs semblables outre-atlantique et sensibles à l’appel de Pete Seeger "Ne vous laissez pas coca-coloniser", suivent l’exemple américain en s’inspirant des musiques de leur terroir. Cette musique traditionelle est liée à un folklore, à une culture nationale ou locale, à une religion. Elle est jouée avec des instruments traditionnels et est souvent transmise oralement, partagée par tout le village. Elle rythmait les événements de la vie (mariage, moisson, saison,…). Créée sans règle, elle était d’une grande diversité : liberté de jeu, improvisation, innovation, spontanéité. Tout le monde pouvait s’y essayer.De nombreux grands noms du folk (Tri-Yann, Alan Stivell, Malicorne, Mélusine, La Bamboche,…) ont collecté dans les campagnes des airs et des danses d’autrefois avant qu’ils ne disparaissent complètement. Ils tiennent à ce que cette musique retrouve son caractère populaire. Le mouvement folk favorise l’échange entre amateurs par ses rassemblements, dans les clubs folk réguliers comme le Bourbon à Paris, la Chanterelle à Lyon ou la Courtepaille à Bordeaux et au cours des festivals ponctuels très nombreux.

L’esprit folk

Au-delà de l’aspect musical, c’est un mode de vie, une façon de penser différente qu’expérimente la jeunesse rebelle qui rejette le monstre capitaliste, le show-business, la suprématie politique et économique des États-Unis. Être folkeux, c’est chanter dans sa langue natale, c’est reprendre les airs de sa région, c’est aller à l’encontre de l’uniformisation du monde en luttant pour la survie des cultures régionales, des traditions populaires et des diversités culturelles. C’est créer une société plus juste, plus conviviale, où chacun aurait sa place, où la musique ferait partie du quotidien sans être un produit industriel.
Les chansons folk peuvent être rebelles ou évoquer la misère, la vie des campagnes d’autrefois, Mais elles peuvent également être des chansons à boire et des invitations à festoyer. Animer les fêtes de village devient alors une spécialité de certains groupes folk, qui, par conséquent, recréent les danses traditionnelles, en les simplifiant parfois pour les rendre accessible à tous.

Les grandes dates du folk en France.

  • 1967 : Pete Seeger à l’Olympia.
  • 1969 : Création du Bourdon, folk club qui offre une scène ouverte aux musiciens folks francophones.
  • 1970 : Succès d’Alan Stivell, avec le titre Reflets et son concert mémorable à l'Olympia.
  • _____ Premier festival folk, à Lambesc, près d’Aix en Provence, 800 personnes, dont de grandes pointures comme Alan Stivell.
  • 1972 : Premier 33 tours de Tri-Yann : "Tri Yann an Naoned".
  • 1973 : Âge d’or du folk, explosion du nombre de festivals.
  • 1974 : Premier stage de danses traditionnelles au Bourdon.
  • 1975 : A Cazals, village du Lot, Alice Festival I., festival folk international destiné à populariser le folk français, 15 000 personnes. Présence du groupe Géranium de Mulhouse.
  • 1977 : Première rencontre de Saint-Chartier dans le Berry.
  • 1983 : Premier festival de Lautenbach « Lutherie Dancerie mèt Müsik »
  • 1985 : Début d’Au Gré des Vents.
  • 1990 : Premier Grand Bal de l’Europe à Gennetines, Allier, 4 jours, 5 parquets, 500 participants, plus de 4 000 en 2005.


La musique folk aujourd’hui , c’est faire du neuf avec du vieux. C’est interpréter à sa guise les mélodies et les chansons traditionnelles. Tous les arrangements sont permis, y compris l’usage d’instruments électriques pour les plus audacieux. Les formes qui en découlent sont nombreuses : folk-trad, folk-rock, électro-folk, folk-punk. Chacun y trouvera son style.

 


Le document Le mouvement folk en France (1964-1981) rédigé par Valérie Rouvière dans le cadre de sa maîtrise d'Histoire culturelle contemporaine a généreusement contribué à enrichir cette page.
Vous pouvez télécharger le document complet : 160 pages, sur le site de la Fédération des Associations de Musiques et Danses Traditionnelles : FAMDT.